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C.E.R.H.A.C. |
La bibliothèque du
dix-septiémiste
(mise à
jour le 5 octobre 2007)
DEUXIÈME PARTIE : OUVRAGES CRITIQUES
XII. Recueils iconographiques
Images de la Fronde dans les Mémoires du cardinal de Retz, La Pochothèque, Le Livre de Poche, Garnier, Paris, 1987.
Voir aussi les Albums de la collection de la Pléiade, toujours intéressants, quoique souvent les photos y soient de très petite dimension.
XIII. Enregistrements audio-visuels
Il existe un coffret de disques intitulé Le Siècle de Louis XIV (Guilde Internationale du Disque) qui donne une intéressante vue d’ensemble, textes et musiques à l’appui.
Le C.R.D.P. de Clermont-Ferrand a publié une cassette vidéo consacrée à Pascal et à son environnement clermontois. Il existe un enregistrement sur disque galette de certains passages des Pensées dits par Pierre Fresnay.
Le théâtre classique a malheureusement beaucoup souffert des initiatives de demi-castors qui ont donné dans le Molière anesthésique, persuadés que leurs visions intérieures devaient passionner le public plus que les pièces qu’ils montaient. On ne peut s’empêcher de pleurer le sort de milliers d’écoliers conduits en rangs par quatre sécher d’ennui à des représentations propres à les dégoûter définitivement des classiques. Le phénomène n’est pas purement parisien. Nul n'est obligé de s'en rendre complice, mais ce n’est pas une raison pour ignorer les moyens audio-visuels...
Des enregistrements sur disques de pièces comiques et tragiques permettent de se mettre facilement les textes en mémoire ; mais on ne les trouve plus guère que dans les discothèques. L'enregistrement du Cid de Corneille a fait date, pour l’interprétation de Gérard Philipe ; mais comme il y manque la présence physique du comédien elle paraît souvent bien grandiloquente. On trouve aussi des enregistrements d’Athalie, de Dom Juan, du Misanthrope, de Tartuffe, de Nicomède, etc. La diction en est parfois pompeuse pour nos oreilles habituées au style Lagaf', mais y perd-on vraiment ?
Il existe des enregistrements vidéo de quelques pièces de Molière, notamment un excellent Tartuffe de 1975, joué par Robert Hirsch, Claude Winter et Jacques Charron : Robert Hirsch est le seul acteur à avoir su camper un Tartuffe complet, à la fois comique et effrayant, et non pas seulement l'un ou l'autre ; la mise en scène tournée au château de Pau avec Jean Le Poulain, quoique très comique, est sur ce point inférieure. On trouve plusieurs Malade imaginaire (dont une très bonne mise en scène de Jean-Laurent Cochet, avec Jacques Charron dans le rôle d’Argan), et un Dom Juan tourné par un certain Bluwal (1965), avec M. Piccoli dans le rôle-titre et Claude Brasseur dans Sganarelle. L’Avare diffusé par feu l’O.R.T.F. (noir et blanc, 1966) donne une idée assez médiocre des talents de Jean Vilar. Louis de Funès, dans le film de J. Girault, n’est pas mémorable, mais c’est plutôt à cause de la mise en scène que de son style de jeu. La mise en scène des Femmes savantes par Jean Piat (1972), avec Pierre Dux, Annie Ducaux et Geneviève Casile (remarquable dans le rôle d’Armande), est excellente ; en revanche, celle de Jean-Paul Roussillon (1978) est balourde à pleurer (la Comédie Française en vend la cassette en bloc avec Hernani et Ruy Blas pour faire passer la pilule). Le Misanthrope a été mis en scène en 1977 par Pierre Dux, avec Georges Descrières en Alceste, Michel Duchaussoy en Philinte et Béatrice Agenin en Célimène : l’ensemble est excellent. L'Ecole des femmes mise en scène par R. Rouleau en 1973 est demeurée célèbre à cause de la belle interprétation d'Isabelle Adjani, qui ne s'est pas toujours tenue à la même hauteur par la suite ; mais Bernard Blier y maltraite l'alexandrin d'une manière qui fait saigner les oreilles. Le type du Molière trafiqué a été fourni par le Médecin malgré lui mis en scène par Dario Fo à grand renfort de gags clownesques parachutés.
Corneille est assez mal servi. Il existe un bon Cinna (Michel Etcheverry en Auguste, et Geneviève Casile en Emilie, tous deux excellents) et un bon Sertorius mis en scène par Jean-Pierre Miquel (Michel Etcheverry en Sertorius) ; en revanche le même J.-P. Miquel a été moins inspiré avec Horace. Silvia Montfort a donné une Théodore vierge et martyre, annoncée comme “pièce licencieuse”, ce qui ressemblait fort à une publicité mensongère. Le cinéaste (?) Straub a tourné un Othon grotesque. Une version modernisée de La Place Royale a été diffusée en 1995, atroce.
Racine est carrément sinistré : la télévision française a passé une Andromaque punk où la veuve d’Hector affublée de vastes cornes capillaires vertes suscite plutôt la terreur que la pitié. Il existe un Bajazet mis en scène par Jean Leuvrais, acceptable dans l’ensemble, mais où le minois de Silvia Monfort fait comprendre pourquoi Bajazet persiste à fuir Roxane. Le pompon revient à une Phèdre tournée au Maroc (pourquoi pas ?), avec Alice Sapritch dans le rôle d’Oenone (grâce à Dieu ils ne lui ont pas fait jouer Phèdre), et Giraud, qui donne à Thésée un petit air Zardoz tout-à-fait sympathique. Le moment le plus satisfaisant est celui où l’on voit Oenone se jeter du haut des remparts.
Reste le cinéma. Là aussi, les chefs d’œuvre sont rares. Il existe une Princesse de Clèves interprétée par Marina Vlady et Jean Marais qui ne dispense pas de lire le roman de Mme de Lafayette. En son temps, Jean Marais a multiplié les films de cape et d’épée. Depuis quelques temps sévit une mode du film dix-septiémiste, sur Vatel, sur l'institution de Saint-Cyr, sur la Du Parc et le reste. Rien qui vaille le dérangement. On ne citera que pour mémoire le Molière d’Ariane Mnouchkine, monument de l’art pompier des années 70. Planchon a commis un Louis XIV, l’enfant-roi soporifique...
Le film de Rossellini Blaise Pascal est excellent pour ses dix dernières minutes ; malheureusement il dure trois heures : Pierre Arditi y interprète Pascal.
La mode du multimédia et du CD-Rom donne à boire et à manger. Voici quelques indications :
GUENO Fabrice et NOVAL Fabrice, René Descartes. Vie, philosophie et œuvre, Joli Ciel, 1996. Il est regrettable que le textes soient donnés dans l’édition de Victor Cousin.
CASARIL Guy, Galilée. Et pourtant elle tourne, Arborescence, 1995. Intéressant mais sur la conduite de l’Eglise dans l’affaire Galilée et l'avenir de la science, on a par moments l'impression d'entendre le maire de Champignac...
Il existe aussi deux CD-Rom sur La Fontaine et un sur Molière, une vie pour le théâtre (d'une rare indigence).
Pour les amateurs de jeu, signalons le Versailles. Complot à la cour du Roi Soleil, Réunion des Musées Nationaux, 1996, qui propose une enquête policière dans les murs du château, assez divertissante, et qui permet surtout de faire connaissance avec les lieux, avant d'aller éventuellement les visiter (avec cet avantage que l'on y rencontre Racine, Mme de Montespan et Colbert, et qu'on n'y est pas englouti dans le flot des touristes attirés par tropisme vers la gloire du Roi Soleil). Un Versailles II est sorti il y a peu, qui complète assez bien le premier, montrant les côtés domestiques du palais. Il serait pourtant illusoire de penser que ces supports peuvent apporter une information de fond sur le Grand Siècle : ils sont faits pour le divertissement, et il n'y a que les pédagogues pour croire qu'on apprend en s'amusant…