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C.E.R.H.A.C. |
La bibliothèque du dix-septiémiste
(mise
à jour le 10 septembre 2009)
PREMIÈRE PARTIE : TEXTES ET ÉDITIONS
I. Auteurs français (A-C)
Barème :
* Obscur, mais intéressant pour
compléter l’étude des auteurs majeurs.
** Vaut le détour.
*** Vaut le voyage.
**** Indispensable.
Le site Internet de la Bibliothèque Nationale de France, Gallica.bnf.fr, propose un grand nombre de textes classiques, en mode texte ou image, dans lequel il est passionnant de fureter. On trouve aussi des textes sur Google. Mais on ne dira jamais assez que le contact avec le vrai livre est indispensable.
ABBADIE Jacques, L'art de se connaître soi-même, éd. C. Frémont, Paris, Fayard, 2003.
*ANNAT François, La Bonne foi des Jansénistes en la citation des auteurs reconnue dans les lettres que le secrétaire du Port-Royal a fait courir depuis Pâques ; suivie de : réponse à la plainte que font les Jansénistes de ce qu’on les appelle hérétiques, par le P. François Annat, de la Compagnie de Jésus, chez Florentin Lambert, Paris, 1657, 64 p. (2e éd.). Jésuite confesseur du Roi auteur de nombreux libelles antijansénistes.
*Anthologie de la lettre (XVIIe - XVIIIe siècles), éd. par Haroche-Bouzinac R., SEDES, Paris, 1996.
*Anthologie de la littérature française : XVIIe siècle, éd. par S. Bertière et L. Vidal, Livre de Poche, Paris, 1993.
*Anthologie de la poésie française du XVIIe siècle, éd. J.P. Chauveau, Poésie-Gallimard, Paris, 1987.
*Anthologie poétique française. XVIIe siècle, éd. Maurice Allem, Garnier-Flammarion, Paris, 1965, 2 vol.
*ARNAULD Agnès, Lettres, éd. P. Faugère, Duprat, Paris, 1858, 2 vol.
***ARNAULD Antoine, Œuvres, d’Arnay, Paris-Lausanne, 1775-1783, 43 tomes en 38 volumes (Se trouve en reprint à la BMIU). Un grand bonhomme, l’un des seuls dont Descartes ait jugé les objections aux Méditations dignes d’une réponse approfondie ; et un des grands amis de Pascal, c'est tout dire. Il est passé par un long purgatoire, parce que les catholiques les plus orthodoxes le trouvaient un peu trop janséniste à leur goût ; mais on commence à découvrir les multiples aspects de son génie. Parmi ses ouvrages les plus intéressants, on peut mentionner : Théologie morale des Jésuites, extraite fidèlement de leurs livres, contre la morale chrétienne en général, sl, 1643, qui annonçait les Provinciales ; De la Fréquente Communion. Où les sentiments des Pères, des Papes et des Conciles, touchant l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie sont fidèlement exposés..., Paris, Vitré, 790 p. ; Lettre de Monsieur Arnauld, Docteur de Sorbonne, à une personne de condition, Paris, 24 février 1655, et Seconde Lettre de Monsieur Arnauld, Docteur de Sorbonne, à un Duc et Pair de France, Paris, 1655, ouvrages dont la querelle des Provinciales est sortie ; Apologie de Monsieur Jansénius Evêque d’Ypres et de la doctrine de saint Augustin, expliquée dans son livre intitulé Augustinus, contre trois sermons de Monsieur Habert, Théologal de Paris, prononcés dans Notre-Dame, le premier et le dernier dimanches de l’Avent 1642 et le dimanche de la Septuagésime 1643, sl, 1644 ; Apologie pour les Saints Pères de l’Eglise, défenseurs de la grâce de Jésus-Christ, contre les erreurs qui leur sont imposées dans les écrits de M.Le Moine Docteur de Sorbonne et Professeur en Théologie, dictés en 1647 et 1650, Paris, 1651, deux ouvrages importants sur la théologie augustinienne de la grâce ; Réponse à la Lettre d’une Personne de Condition touchant les règles de la conduite des Saints Pères dans la composition de leurs ouvrages, pour la défense des vérités combattues ou de l’innocence calomniée, 20 mars 1654 : important sur la rhétorique de Port-Royal. Denis Moreau a publié aux Presses Universitaires de France plusieurs Textes philosophiques, Paris, 2001. Et puis évidemment il faut lire :
****ARNAULD Antoine et NICOLE Pierre, La Logique ou l’art de penser..., éd. Clair et Girbal, P.U.F., Paris, 1965. L’un des maîtres livres de la pensée classique. Doit servir de livre de chevet à tout étudiant en Lettres et Sciences Humaines. Existe en collection de poche.
**ARNAULD d’ANDILLY, Angélique de Saint-Jean, Relation de captivité d’Angélique de Saint-Jean Arnauld d’Andilly, avec une introduction de Louis Cognet, Gallimard, Paris, 1954.
**ARNAULD D’ANDILLY Robert, voir : JANSEN Paule, Arnauld d’Andilly, défenseur de Port-Royal (1654-1659). Sa correspondance inédite avec la Cour conservée dans les Archives du Ministère des Affaires Etrangères, Vrin, Paris, 1973, 136 p. Voir aussi le Journal inédit, 1624, éd. E. et J. Halphen, Paris 1902 (1888-1909). Lettres de Monsieur Arnauld d‘Andilly, Le Gras, Paris, 1696. Il a traduit les Confessions de saint Augustin (voir l'édition de Philippe Sellier, Folio, Gallimard, 1993). Sa traduction de FLAVIUS JOSÈPHE, Histoire ancienne des Juifs, et La guerre des Juifs contre les Romains, a été reprise (en français modernisé malheureusement), par les éd. Lidis, Paris, 1981. Ses Œuvres chrétiennes de Monsieur d'Andilly, neuvième édition à Paris, chez Pierre Le Petit, 1659, relié avec Traduction d'un discours de la réformation de l'homme intérieur où sont établis les véritables fondements des vertus chrétiennes, selon la doctrine de saint Augustin, prononcé par Cornelius Jansénius Evêque d'Ipre, à l'établissement de la Réforme d'un monastère de Bénédictins, Paris, chez Pierre Le Petit, 1659, sont à la BCIU de Clermont. Les amateurs de jardins et les âmes sensibles à l’écologie pourront trouver des sources d’inspiration dans ARNAULD D'ANDILLY Robert, La manière de cultiver les arbres fruitiers, Réunion des Musées nationaux, Paris, 1993 : les compétences de l’auteur en matière de jardinage lui permettaient d’envoyer à la reine, dont l’hostilité à Port-Royal était notoire, les plus belles poires du marché. Comme quoi on peut être janséniste, amateur de fruits, et avoir le sens de l’humour. Les Mémoires viennent de faire l’objet d’une réédition qui s’imposait, remarquablement annotée : ARNAULD D’ANDILLY Robert, Mémoires, suivis de Antoine ARNAULD, dit l’abbé Arnauld, Mémoires, édités, présentés et annotés par Régine Pouzet, Paris, Champion, 2008. La conjonction des mémoires du père et du fils permet des comparaisons que les règlements de comptes familiaux rendent fort intéressantes. L’ombre du grand Arnauld Arnauld d’Andilly a parfois offusqué la personne de son frère ; mais Robert mérite d’être connu. Bien sûr, sa carrière politique n’a pas été celle d’un Mazarin ni d’un Metternich, ni même d’un Retz. Mais c’est peut-être ce qui le rend sympathique. Et puis soyons honnête : quelqu’un qui s’occupe de direction de conscience des dames, et dont on a dit qu’il aimait les belles âmes (féminines) pourvu qu’elles fussent dans de beaux corps ne peut pas être tout à fait mauvais...
**AUBIGNAC Jean Hédelin d’, La pratique du théâtre, Sommaville, 1657, et éd. P. Martino, Slatkine Reprints, Genève, 1996 ; une édition critique a été procurée récemment par H. Baby, La pratique du théâtre, Paris, Champion, 2001. Indispensable sur la théorie classique du théâtre. D'Aubignac s'est fortement heurté à Corneille, parce que cet honorable ecclésiastique, qui ne connaissait le théâtre qu'en docte, avait prétendu légiférer dans la tragédie ; Corneille l'a fermement remballé ; blessé dans sa sensibilité de Zoïle, l'abbé lui en a toujours voulu, et n'a jamais manqué une occasion de massacrer ses productions. Voir aussi la Dissertation sur la condamnation des théâtres, Pépingué, Paris, 1666. L’abbé a aussi écrit un roman allégorique intitulé Macarise (1664).
****AUBIGNé Agrippa d’, voir les Œuvres, éd. Weber, Bailbé et Soulier, Pléiade, Gallimard, 1969. L'édition des Tragiques de Franck Lestringant, dans la collection Poésie, N.R.F., Gallimard, Paris, 1995, est bien annotée. En citant d'Aubigné on a l’impression de faire un larcin au siècle précédent, mais il n’est mort qu’en 1630, et Les Tragiques sont de 1616. Quel autre a su si bien stigmatiser les écrivains à gages, larbins serviles des politiques ?
“Des ordures des grands le poète se rend sale
Lorsqu’il traite en César un ord Sardanapale...”
AULNOY Mme d’, Relation du voyage d'Espagne, éd. M. S. Seguin, Paris, Desjonquères, 2005. Ce n'était pas encore la movida, mais il semble que ça déménageait déjà pas mal...
*AUZOULT Adrien, mathématicien, astronome et académicien. Ses œuvres se trouvent dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, 1666-1669, VII, 1669, Paris, Compagnie des Libraires (Du Micromètre, Lettre à M. l’abbé Charles, correspondance Hooke-Auzoult-Oldenbourg sur les grandes lunettes).
*BACHET DE MEZIRIAC Claude Gaspard, Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres ; partie recueillis de divers auteurs et inventés de nouveau avec leur démonstration, par Claude Gaspard Bachet, Sr. de Méziriac. Très utiles pour toutes sortes de personnes curieuses, qui se servent d’Arithmetique, A Lyon, chez Pierre Rigaud, 1612. Beaucoup plus sérieux qu’il n’en a l’air. Une édition peu fidèle a été procurée par A. Labosne, Gauthier-Villars, Paris, 1874. En fait, ce recueil d'amusements est fondé sur des travaux d'arithmétique et d'algèbre inspirés de Diophante, dont Bachet a donné une traduction : Diophanti Alexandrini arithmeticorum libri VI, et de numeris multiangulis liber ; nunc primum graece et latine editi, atque... commentariis illustrati, auctore Cl. Gasp. Bacheto, Luteriae Parisiorum, 1621. Bachet a aussi composé des paraphrases de psaumes et des œuvres diverses.
*BAILLET Adrien. Il est principalement connu comme biographe ou comme hagiographe de Descartes avec sa Vie de M. Des-Cartes, Paris, 1691 ; mais il a aussi composé quelques ouvrages intéressants : Jugemens des sçavans sur les principaux ouvrages des auteurs, Paris, 1685-1686, 4 t. en 9 vol. ; Des Enfants devenus célèbres par leurs études ou par leurs écrits, traité historique, Paris, 1688 ; Auteurs déguisez sous des noms étrangers, empruntez, supposez, Paris, 1690 ; La Vie d'Edmond Richer, Liège, 1714 ; La Vie de Godefroy Hermant, docteur de la maison et société de Sorbonne, chanoine de l'église de Beauvais, Amsterdam, 1717 ; Jugemens des savans sur les principaux ouvrages des auteurs, revus, corrigés et augmentés par M. de La Monnoye, Paris, 1722.
*BALZAC Jean-Louis Guez de, Œuvres…, publiées sur les éditions anciennes par L. Moreau, Paris, Lecoffre, 1854, 2 vol ; Les premières Lettres de Guez de Balzac. 1618-1627, éd. Bibas et Butler, Droz et Nizet, Paris, 1934; Œuvres diverses (1644), éd. Roger Zuber, Champion, Paris, 1995; Le Prince (1631) a été réédité par C. Leroy, La Table Ronde, Paris, 1996. Voir aussi Entretiens de feu M. de Balzac, Paris, 1657, ou, Les Entretiens (1657), édition critique par B. Beugnot, Paris, Didier, 1972. Il a fait autorité en son temps, et puis a sombré dans l’oubli teinté du respect dû aux morts inoffensifs. On lui reconnaît aujourd'hui un certain mérite dans la formation rhétorique de son siècle...
*BARCOS Martin de, Correspondance de Martin de Barcos, abbé de Saint-Cyran, avec les abbesses de Port-Royal et les principaux personnages du groupe janséniste, éd. L. Goldmann, P.U.F., Paris, 1956. La tête de bois de Port-Royal, avec un éditeur à l’avenant.
*BARON, voir ci-dessous Théâtre du XVIIe Siècle.
*BARRY Paul Boursier de, Le Paradis ouvert à Philagie par cent dévotions à la Mère de Dieu, aisées à pratiquer aux jours de ses fêtes et octaves, qui se rencontrent à chaque mois de l’année, Lyon, 1636 ; éd. de Rouen, 1646. Le livre, épinglé par Pascal dans les Provinciales, vaut vraiment la peine d'être lu.
*BAUNY Etienne, Somme des Péchés qui se commettent en tous états : de leurs conditions et qualités ; et en quelles occurrences ils sont mortels ou véniels. Par le R.P. E. Bauny, de la Compagnie de Jésus. Cinquième édition, revue et corrigée par l’Auteur. A Paris, chez Michel Soly, rue S. Jacques, au Phénix, 1121 p. in-8°. Ouvrage en français, ce qui est rare chez les casuistes. Le plus accessible des casuistes attaqué par Pascal dans les Provinciales.
***BAYLE Pierre, Pensées diverses sur la comète, éd. Prat, modifiée Rétat, Nizet, Paris, 1984, 2 vol. Rien à voir avec Hubert Reeves. C’est un extraordinaire dialecticien, qui ne s’est pas remis de voir son frère, protestant comme lui, trépasser dans les geôles royales. Ce que c’est que la France toute catholique, éd. Labrousse, Vrin, Paris, 1973, est une protestation contre la révocation de l’Edit de Nantes. On peut lire aussi De la Tolérance. Commentaire philosophique, éd. Gros, Presses Pocket, 1992, réédité chez Champion, 2006, qui prend vraiment au cœur, et le Supplément du Commentaire philosophique, édité par M. Pécharman, Presses Universitaires de France, 2002. Une édition de la correspondance est en cours. Le Dictionnaire de Bayle est toujours une mine de renseignements dans laquelle on peut puiser quasi indéfiniment ; A. McKenna a publié un recueil d'extraits très utile, sous le titre Pierre Bayle, témoin et conscience de son temps. Un choix d'articles du Dictionnaire historique et critique, Paris, Champion, 2001.
*BEAUBRUN, voir GRES-GAYER JACQUES M., En Sorbonne. Autour des Provinciales. Edition critique des mémoires de Beaubrun (1655-1656), Paris, Klincksieck, 1997. Passionnante source sur les débats entre les docteurs en théologie de Sorbonne sur l’affaire Arnauld.
*BERNIER F., Abrégé de la philosophie de M. Gassendi, Lyon, 1678, 8 tomes en 7 volumes. Réédité dans la collection du Corpus des Philosophes en langue française, 1992. Noter qu'on en trouve le texte quasi complet sur le serveur Gallica de la Bibliothèque Nationale, ce qui évite bien de l'encombrement. Du même Bernier, voir Un Libertin dans l'Inde moghole. Les voyages de François Bernier (1656-1669), éd. Frédéric Tinguely, Adrien Paschoud et Charles-Antoine Chamay, Paris, Chandeigne, 2008.
***BERULLE Pierre de. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 8 volumes, éd. du Cerf, Paris, 1995-1996. La Vie de Jésus, éd. Beaude, Cerf, Paris, 1989. Fondateur de l’Oratoire. Opuscules de piété, 1644, éd. Miklos Vetö, J. Millon, Grenoble, 1997. Voir aussi Correspondance du cardinal Pierre de Bérulle, éd. J. Dagens, Paris-Louvain, Desclée de Brouwer-Les bureaux de la revue, 1937-1939, 3 vol. On ne comprend guère sans lui le catholicisme du XVIIe siècle, qu'il a profondément marqué.
*BEURRIER Paul, Mémoires, constitués comme suit : Livre premier contenant ce que j’ay pu me souvenir depuis mon bas âge jusques à ce que j’aie été demeurer à Nanterre, en qualité de prieur-curé de ce saint lieu de la naissance de sainte Geneviève ; Livre second : contenant les choses les plus remarquables qui me sont arrivées dans le temps que j’ai été résidant à Nanterre ; Livre troisième : des choses les plus remarquables qui se sont passées en vingt et deux ans que j’ai été curé de Saint-Estienne que j’ai veues ou qui sont arrivées dans la paroisse et dont j’ai une connoissance certaine ; Livre quatrième : des choses les plus remarquables qui se sont passées dans la congrégation depuis que j’ay quitté la paroisse de Saint-Estienne et que j’ay esté élu Abbé de Sainte-Geneviève et général de nostre congrégation, le 15 septembre de l’année 1675 jusqu’à ce jour 17 mars 1691 (Sainte-Geneviève ms 1885-1888). Ces Mémoires sont une source très intéressante sur la vie religieuse dans la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont, où se tenait Beurrier. C'est aussi une source importante sur le libertinage à l'époque. Beurrier a aussi écrit de nombreux ouvrages religieux et édifiants.
*BIDAR Mathieu, voir Le Mythe de Phèdre. Les Hyppolite français du dix-septième siècle, Champion, Paris, 1996. Auteur d'une pièce sur Phèdre, rééditée dans ce livre avec deux autres (La Pinelière et Gilbert). C’est en lisant Bidar qu’on se rend compte à quel point Racine est génial...
*BINET Etienne, Consolation et réjouissance pour les malades et les personnes affligées, Rouen, 1616. Jésuite mentionné dans les Provinciales.
****BOILEAU Nicolas, Œuvres complètes, éd. Françoise Escal, Pléiade, N.R.F., Gallimard, Paris, 1966, 1314 p. Annotation indispensable pour se reconnaître dans le Landernau des lettres sous Louis XIV. On peut recourir à l’édition des Œuvres classiques de Boileau par Ch.-Marie Des Granges dans sa propre collection, Hatier, Paris, 1928 (6e éd.), dont les commentaires et l'annotation valent mieux que ceux de bien des éditions ultérieures. Boileau n’a pas toujours été le raseur de L’Art poétique ; l’esprit frondeur des Satires vaut le détour.
*BONAVENTURE D’ARGONNE Dom, Traité de la lecture des Pères de l’Eglise, ou Méthode pour les lire utilement. Divisé en deux parties, Couterot et Guérin, Paris, 1688 ; rééd. éditions de Fontenelle, Abbaye de Fontenelle, Saint-Wandrille, 1991. Pas précisément comique, mais édifiant.
*BOSSE Abraham, Le peintre converti aux précises et universelles règles de son art. Sentiments sur la distinction des diverses manières de peinture, dessin et gravure, éd. Weigert, Hermann, Paris, 1964, 192 p. Graveur ami de Desargues et Pascal. Ses gravures ont été récemment partiellement publiées dans : VILLA Nicole, Le XVIIe siècle vu par Abraham Bosse, graveur du Roy, Editions Dacosta, Paris, 1967. Noter qu'on trouve une partie de ses textes dans l'édition des œuvres de Desargues par Poudra.
****BOSSUET Jacques-Bénigne, Œuvres, éd. Velat-Champailler, Pléiade, Gallimard, Paris, 1961. Probablement parce qu'il est évêque et qu'il ne ressemble guère à Monseigneur Gaillot, Bossuet est aujourd'hui négligé, voire méprisé par les demi-castors. C'est un tort, car c'est une intelligence brillante, un orateur génial et l'auteur du Discours sur l'Histoire universelle, chef d’œuvre que tout le monde devrait connaître par cœur. Je recommanderais aussi le Traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même, s’il en existait une édition correcte ; mais il n’y a pour le moment que celle de Christiane Frémont, Fayard, Paris, 1990, sans apparat critique ; Dieu sait pourtant qu’il en aurait besoin. Il existe une édition des Œuvres choisies par J. Calvet dans la collection Ch.-Marie Des Granges, Hatier, Paris, 1934, qui donne une bonne vue d’ensemble. BOSSUET Jacques-Bénigne, Oraisons funèbres, éd. Truchet, Garnier, Paris, 1961 : chef d’œuvre que le coluchisme ambiant dispose peu au succès aujourd’hui. L’édition des Oraisons funèbres d’Alfred Rébelliau chez Hachette, Paris, 1918 (10e éd.), est utile aussi. Constance Cagnat-Deboeuf vient de procurer une édition des Sermons et du Carême du Louvre dans la collection Folio, Gallimard, Paris, 2001. Enfin, la Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture sainte, éd. J. Le Brun, Droz, Genève, 1967 est indispensable pour comprendre la pensée politique du XVIIe siècle.
*BOUHOURS Dominique, Les Entretiens d’Ariste et d’Eugène, Mabre-Cramoisy, 1671, a été rééditée en 2003 par B. Beugnot et G. Declercq, Champion, 2003 ; La manière de bien penser dans les ouvrages de l’esprit, éd. S. Guellouz, Univ. de Toulouse, 1988. Jésuite spécialisé dans la critique tatillonne du français. Ne manque pas d’intérêt en ces temps de laxisme grammatical. Il est aussi auteur de vies de saints, notamment La Vie de saint Ignace, Mabre-Cramoisy, Paris, 1679 (c'est le fondateur des jésuites), et La vie de saint François-Xavier, Mabre-Cramoisy, 1682 (autre jésuite). Cela dit, il y a quelques beaux textes de Bouhours, comme par exemple un opuscule sur la mer, qui est unique en son siècle.
**BOURDALOUE, Œuvres complètes, éd. Griselle, Bloud et Gay, Paris, 1919-1922, 2 vol. Le Poulidor de l’oraison funèbre classique.
*BOURZEIS Amable, Lettre d’un abbé à un évêque sur la conformité de saint Augustin avec le Concile de Trente dans la doctrine de la Grâce, 1649, 78 p. in-4° ; Lettre d’un abbé à un président sur la conformité de saint Augustin avec le concile de Trente, touchant la manière dont les justes peuvent délaisser Dieu, et être ensuite délaissés de lui, 1649, 131 p. ; Lettre d’un abbé à un abbé, sur la conformité de saint Augustin avec le concile de Trente, touchant la possibilité des commandements, 1649, 76-46 p. ; Propositiones de Gratia in Sorbonae Facultate propediem examinandae (auctore A. de Bourzeis), slnd (1649), 40 p. ; Conférences de deux théologiens sur un libelles faussement intitulé Les Sentiments de saint Augustin et de toute l’Eglise, sl, 1650, 203 p. Théologien janséniste qui a tenu sa place dans les controverses sur les propositions, et dont s’est inspiré Pascal. Il fut académicien, et intervint dans diverses questions de politique. Pour aficionados.
**BRIENNE Louis-Henri de Loménie, comte de, Mémoires, Société d'Histoire de France, Paris, 1916, 3 vol. Personnage intéressant. C'est le véritable auteur du Discours sur les Passions de l'amour, longtemps attribué à Pascal.
**BUSSY-RABUTIN Roger de, Histoire amoureuse des Gaules, éd. Jacqueline et Roger Duchêne, Folio, Gallimard, Paris, 1993. Livre qui a coûté cher à son auteur. On peut lire sa Correspondance avec le Père Bouhours, éd. C. Rouben, Nizet, Paris, 1986 ; voir aussi sa Correspondance avec le Père Rapin, éd. C. Rouben, Nizet, Paris, 1983 ; Mémoires (1696), Lattès, Paris, 1987.
*CAFFARO Thomas, Lettre d’un théologien illustre par sa qualité et par son mérite, consulté par l’auteur pour savoir si la Comédie peut être permise, ou doit être absolument défendue, in Urbain et Levesque, L’Eglise et le théâtre, Grasset, Paris, 1930, p. 67-119. Brave ecclésiastique partisan du théâtre, injustement bastonné par Bossuet.
CAMPION Henri de, Mémoires de Henri de Campion, suivi de Trois entretiens sur divers sujets d'histoire, de politique et de morale, éd. M. Fumaroli, Paris, Mercure de France, 1967.
*CAMPISTRON Jean Galbert de, voir ci-dessous Théâtre du XVIIe Siècle. Sur Racine mort fleurit le Campistron, a-t-on dit... Mais justement, le Campistron en question est loin d’être mauvais, et on ferait mieux de le lire avant d’en dire du mal.
**CAMUS Jean-Pierre, Les Evénements singuliers, Lyon, 1628 ; Les spectacles d'horreur où se découvrent plusieurs effets tragiques de notre siècle (1630), Slatkine, Genève, 1973 ; Les rencontres funestes ou fortunes infortunées de notre temps, Villery, Paris, 1644. Spécialiste des histoires atroces. On essaie de le ressusciter. Voir ci-dessous les Nouvelles du XVIIe siècle.
*CAUS Salomon de, Les raisons des forces mouvantes avec diverses machines tant utiles que plaisantes, auxquelles sont adjoints plusieurs desseins de grottes et fontaines. A Frankfort, en la boutique de Jean Norton, 1615. Avec de superbes figures représentant les machines merveilleuses que l’on trouvait dans les jardins du temps.
*CAUSSIN Nicolas, Apologie pour les Religieux de la Compagnie de Jésus. A la Reine régente. Par le P. Nicolas Caussin, de la même Compagnie. A Paris, 1644. Mais son ouvrage le plus important est La Cour sainte, Chappelet, Paris, 1641, qui se trouve à la BMIU de Clermont-Fd. Il a aussi composé des Tragoediae sacrae, 1620, qui ne sont pas négligeables, et mériteraient une étude d’ensemble.
*CELLOT Louis, Panegyrici et Orationes, Cramoisy, Paris, 1631. Jésuite épinglé par Pascal.
**CHALLE Robert, Les Illustres françaises, éd. Frédéric Deloffre, Droz, Genève, 1991 ; Continuation de l'histoire de l'admirable Don Quichotte de la Manche, éd. Jacques Cormier et Michèle Weil, Droz, Genève, 1994 ; Journal du voyage des Indes orientales. Relation de ce qui est arrivé dans le royaume de Siam en 1688, éd. Jacques Popin et Frédéric Deloffre, Droz, Genève, 1998 ; Mémoires. Correspondance complète, Rapports sur l'Acadie et autres pièces, éd. Frédéric Deloffre et Jacques Popin, Droz, Genève, 1996. Il fait le pont entre le roman du XVIIe siècle et celui du XVIIIe.
**CHAPELAIN Jean, La Pucelle, poème héroïque, Paris, 1656. Opuscules critiques, éd. A. Hunter, Droz, Paris, 1936. Opuscules critiques, éd. A.C. Hunter, Droz, Genève, 1936. La crasse de sa perruque était proverbiale et a donné lieu à une parodie du Cid par Boileau... Ses Lettres sont publiées par Tamizey de Larroque, Paris, 1880-1883, 2 volumes. Son poème héroïque La Pucelle est désastreux. En revanche, ses ouvrages critiques sont solides et ils ont profondément marqué la doctrine littéraire classique. On ne perd pas son temps à les lire. Sa correspondance avec Huygens est pleine de renseignements utiles.
*CHAPPUZEAU Samuel, Le Théâtre français, Michel Mayer, Lyon, 1674 ; rééd. Editions d’Aujourd’hui, Paris, 1985. Pas très puissant, mais contient des renseignements utiles sur le théâtre de l’époque.
*Choix de Lettres du XVIIe siècle, éd. G. Lanson, Hachette, Paris, 1891. Anthologie variée et pleine d’intérêt, malgré son ancienneté.
*CLAUDE Jean, Les Plaintes des protestants cruellement opprimés dans le royaume de France (1686), éd. F. Puaux, Fishbasher, Paris, 1885.
*CLEMENCET dom, Histoire générale de Port-Royal, depuis la réforme de l’abbaye jusqu’à son entière destruction, Amsterdam, 1755, 10 vol.
*COLLETET Guillaume, Traitté de l'Epigramme et Traitté du Sonnet, éd. P. A. Jannini, Droz-Minard, Genève-Paris, 1965.
*CONRART Valentin, auteur de Lettres, toujours cité par-ci par-là dans les livres érudits.
**Constitutions du monastère de Port-Royal du Saint-Sacrement, éd. V. Alemany et J. Lesaulnier, Paris, Nolin, 2004.
*CONTI Armand de Bourbon, Prince de, Traité de la comédie et des spectacles, 1666, publié récemment dans NICOLE Pierre, Traité de la comédie et autres pièces d'un procès du théâtre. Edition critique par Laurent Thirouin, Champion, Paris, 1998, 318 p. Devenu ennemi du théâtre après sa conversion, il pondit cet ouvrage dont L. Thirouin a tenté de tirer le meilleur parti.
**CORDEMOY Géraud de, Œuvres philosophiques, éd. Clair et Girbal, P.U.F., Paris, 1968. Le philosophe auquel Molière a emprunté la leçon d’orthographe du Bourgeois gentilhomme. Ce n’est pas pour autant qu’il est comique... Le Discours physique de la parole mérite le détour.
****CORNEILLE Pierre, Œuvres complètes, édition Georges Couton, Pléiade, N.R.F., Gallimard, 3 vol., Paris, 1980-1987. Edition précieuse pour son annotation. L’édition des Classiques Garnier est hétérogène : celle de M. Rat est dépassée ; elle a été refaite, pour le tome 1, par G. Couton, qui l’a ensuite reprise pour la Pléiade (mais en utilisant le dernier état du texte) ; le tome 2 est procuré par L. Picciola. Celle de l’Intégrale (Seuil) n’a que l’intérêt d’être complète. Alain Niderst a publié une édition en six volumes, dite du tricentenaire, du Théâtre complet, Publications de l'Université de Rouen, 1984-1986, annotée de manière légère. On peut recommander les éditions par A. Couprié de Le Cid, Horace et Cinna dans le Livre de Poche, dont les commentaires sont particulièrement justes et suggestifs. La Comédie Française a publié une intéressante “édition dramaturgique” de Cinna par R. Laplace, 1984. Charles Dullin a donné une édition avec mise en scène dans la collection “Mises en scène”, Seuil, Paris, 1948. Les éditions Didier-Privat ont publié vers 1930 un Théâtre choisi de Corneille par P. et P. Crouzet, P. Andraud et F. Minouflet, qui contient les pièces majeures, mais aussi une annotation scolaire, peut-être parfois naïve, mais précise et souvent très suggestive ; Le Cid (éd. Crouzet), Horace (éd. Crouzet), Cinna (éd. Andraud) et Polyeucte (éd. Minouflet) ont été repris sous forme de petits volumes séparés : ces éditions ne se trouvent plus guère que chez les bouquinistes, mais elles constituent d'excellents outils de travail. CORNEILLE, Trois discours sur le poème dramatique, éd. Bénédicte Louvat et Marc Escola, Garnier-Flammarion, Paris, 1999, 328 p., contient un important dossier sur la doctrine rhétorique et la poétique de la tragédie. Qui n’a pas lu Corneille est indigne de vivre. Il faut aussi signaler que les écrits composés pour et contre Le Cid ont été réédités dans un gros volume par J.-M. Civardi, La querelle du Cid (1637-1638), Paris, Champion, 2004.
*CORNEILLE Thomas, voir ci-dessous Théâtre du XVIIe Siècle. Moins doué que son frère, mais il a eu son succès. Il s'est spécialisé dans le théâtre galant à la mode de l'époque.
COTIN Charles, Traité de l'âme immortelle, Paris, 1655 ; Discours à Théopompe, sur les forts esprits du temps, Paris, 1629 ; Théoclée, ou la vraie philosophie des principes du monde, Paris, 1646. Molière l'a caricaturé sous les traits de Trissotin. Mais on étudie bien Huet et Segrais, alors pourquoi pas lui ?
COUSTEL Pierre, Les règles de l'éducation des enfants, où il est parlé de la manière dont il se faut conduire pour leur inspirer les sentiments d'une solide piété, et pour leur apprendre parfaitement les belles-lettres, Paris, Michallet, 1687. Ouvrage issu du milieu de Port-Royal. On ferait bien de s'en inspirer dans les IUFM…
*CUREAU DE LA CHAMBRE Marin, Traité de la Connaissance des Animaux, où tout ce qui a été dit pour et contre le raisonnement des bêtes est examiné (1645), éd. Odile Le Guern, Fayard, Paris, 1989. Malheureusement dépourvu d’apparat critique.
***CYRANO DE BERGERAC, Œuvres en 3 tomes (t. 1, Romans, éd. de M. Alcover ; t. 2, Lettres, Entretiens pointus et Mazarinades, éd. L. Erba et H. Carrier ; t. 3, Théâtre, éd. A. Blanc). L’édition de M. Alcover des États et empires de la Lune et du Soleil (avec le Fragment de physique), Paris, Champion, 2004, est farcie d’interprétations avec lesquelles le bon sens a peine à s'accorder ; l'éd. de Jacques Prévot des Œuvres complètes, Belin, Paris, 1977, donne les romans, le théâtre et les mazarinades, mais sans annotation . Modérément annotées sont dans la Pléiade les éditions du Théâtre du XVIIe Siècle, et le volume sur Les libertins du XVIIe siècle, I, éd. Jacques Prévot, Gallimard, Paris, 1998, pour les romans. Les Lettres satiriques et amoureuses ont été publiées par J.-C. Darmon et A. Mothu, Paris, Desjonquères, 1999. Quoiqu'il n'ait que peu de points communs avec le héros de Rostand, notre nasigère national ne manque pas de génie littéraire, il mérite toujours d’être relu.
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